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A
la Cité
En 1857, un jour Antoine Chevrier s'écrie :
J'ai rencontré Jean Baptiste dans le désert.
Qui était Jean Baptiste ? Camille Rambaud,
un laïc.
Où se trouvait ce désert ? Dans un quartier voisin, à
la Cité de l'Enfant Jésus,
où ce laïc venait en aide aux victimes des inondations.
Pour l'abbé Chevrier,
c'était une première réponse aux besoins immenses
qu'il avait découverts,
dans la proximité avec les familles pauvres de la Guillotière.
Cette rencontre le conduit à quitter sa paroisse pour la Cité,
et à se donner totalement à l'évangélisation
des pauvres, en vivant au milieu d'eux.
Il vient témoigner à tous ces gens que Dieu les aime.
Il voit les besoins des familles, des jeunes, des enfants.
Seul il ne pourra y répondre.
C'est à la cité de l'Enfant Jésus
que nous, Soeurs du Prado, trouvons nos
origines. 
Le Père Chevrier cherche de l'aide pour préparer des jeunes
filles à la première communion.
Il demande à une jeune fille Amélie.
Amélie demande à Marie Boisson,
une de ses amies, de venir avec elle.
Elles vont à la Cité en septembre 1858. Marie a alors
22 ans, elle raconte (Déposition de Sr Marie)
:
Quand nous sommes arrivées à la Cité, l'oeuvre
de la première communion existait déjà. Il y avait
24 garçons et 6 filles. Je faisais la classe aus petites filles
de la Cité et je m'occupais avec Melle Amélie de celles
qui se préparaient à la première communion. Nous
portions déjà le nom de soeur, mais sans aucun costume
...
C'est ainsi, pour répondre à un besoin précis,
que le groupe des soeurs, peu à peu, s'est formé.
Marie Boisson, avait un projet de vie religieuse , elle deviendra la
première soeur du Prado. Elle dira plus tard : Aimer Notre
Seigneur était tout pour moi alors.
Mais des difficultés surviennent
: les constructions à la Cité deviennent la priorité
et les enfants n'ont plus leur place. Amélie et Marie veulent
partir avec les jeunes filles dans un logement sur la colline de Fourvière.
Le Père Chevrier est partagé car il est aumônier
de la Cité et Camille Rambaud est parti au séminaire à
Rome.
Marie raconte :
Le Père Chevrier me refusa la permission de sortir de la Cité
pour aller à Fourvière, en ajoutant : "A moins que
le Cardinal ne vous le permette."
Il pensait peut-être que je n'oserais pas demander cette permission.
Je la demandai pourtant dès le lendemain. Le Cardinal me reçut
fort bien et me donna toute liberté pour quitter la Cité.
Quand je vins en informer le Père Chevrier, il parut tout surpris
du résultat et me dit simplement : "Je n'ai rien à
dire, puisque Monseigneur vous a donné l'autorisation."
Marie et Amélie s'installent
sur la Colline de Fourvière, puis à la Guillotière.
Enfin le 10 décembre 1860, le Père Chevrier achète
le bal du Prado à la Guillotière.
Et en mars 1861 tout le monde s'y installe.
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